Marcel Callo (1921-1945), ce « requis » arrêté puis déporté parce que « trop catholique »

Il n’y a pas besoin de nombreuses années pour être saint ! Le pape François nous propose ce parcours de foi dans son exhortation Christus Vivit. Nous croisons aujourd'hui un martyr que le Pape nous donne à mieux connaître : le Bienheureux Marcel Callo.

Réquisitionné pour le Service du Travail Obligatoire en 1943, il quitte sa Bretagne natale et sa fiancée pour l'Allemagne.  Sa foi et son engagement l'aident à surmonter cette épreuve. Se souvenant de son adhésion à la Croisade eucharistique (ancêtre du Mouvement Eucharistique des Jeunes), comme de son engagement scout puis de son militantisme à la JOC, il multiplie les « actions catholiques », réussissant même à organiser des messes clandestines.

Victime du décret nazi du 3 décembre 1943 « contre l'apostolat catholique français à l'oeuvre parmi les travailleurs requis en Allemagne », il est arrêté (avec son groupe) par la Gestapo le 19 avril 1944 puis déporté en camp de concentration (Flossenburg puis Mauthausen) : travail forcé, manque de nourriture, violences, rassemblement interminable dans le froid, … deviennent alors son quotidien. Il continue pourtant son engagement, en réconfortant « dans la foi ses compagnons de captivité, au milieu de durs travaux » (CV N°61) jusqu'à l'infirmerie où il décède de dénutrition et de multiples maladies le 19 mars 1945 alors qu'il n'a que 23 ans.

 

Mais en quoi la figure du Bienheureux Marcel Callo peut, aujourd'hui, nous éclairer ?

La vie de Marcel Callo, durant ses années de captivité, nous permet de mieux appréhender notre lecture de l'encyclique Laudato Si. En effet, alors même qu'elle est confrontée à tout le mal radical (Hannah Arendt) que peut être le totalitarisme, cette vie témoigne qu'il « n'y a pas de systèmes qui annulent complétement l'ouverture au bien, à la vérité et à la beauté, ni la capacité de réaction que Dieu continue d'encourager du plus profond des coeurs humains » (§205) ; qu'à « travers le culte, nous sommes invités à embrasser le monde à un niveau différent » (§235) ; que « même quand elle est célébrée sur un petit autel d'une église de campagne, l'Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l'autel du monde » (§236) ; que « le monde qui est issu des mains de Dieu, retourne à lui dans une joyeuse et pleine adoration » (§213).  Cette vie manifeste aussi toute l'importance de l'éducation et de la spiritualité offertes par la famille, l'école, les mouvements catholiques de jeunesse auxquels Marcel Callo a appartenu. Education et spiritualité qui l'ont aidé à se construire et combattre, à sa manière, le totalitarisme nazi.

Dans notre famille, à l'école, en paroisse, au Mej, chez les Scouts, à la JOC ou, hier comme aujourd'hui et demain, dans bien d'autres mouvements, propositions ou services, nous pouvons tous, à côté d'autres, apprendre à devenir, à être davantage encore le citoyen avisé et engagé pour le soin de la création, pour la sauvegarde de la maison commune. Le pape François clôture l'encyclique Laudato Si (chapitre VI « Education et spiritualité écologiques ») en offrant des pistes éducatives, spirituelles, ecclésiales, politiques et théologiques à celles et ceux qui souhaitent répondre à son appel : « les milieux éducatifs sont divers : l'école, la famille, les moyens de communication, la catéchèse et autres » (§213) ; « toutes les communautés chrétiennes ont un rôle important à jouer dans cette éducation » (§214) ; « la grande richesse de la spiritualité chrétienne, générée par vingt siècles d'expériences personnelles et communautaires, offre une belle contribution à la tentative de renouveler l'humanité » (§216) ; « la spiritualité chrétienne propose une autre manière de comprendre la qualité de vie, et encourage un style de vie prophétique et contemplatif, capable d'aider à apprécier profondément les choses sans être obsédé par la consommation » (§222) ; « Dieu qui nous appelle à un engagement généreux, et à tout donner, nous offre les forces ainsi que la lumière dont nous avons besoin pour aller de l'avant. Au cœur de ce monde le Seigneur de la vie qui nous aime tant, continue d'être présent. Il ne nous abandonne pas, il ne nous laisse pas seuls, parce qu'il s'est définitivement uni à notre terre, et son amour nous porte toujours à trouver de nouveaux chemins. Loué soit-il. » (§245)

Laissons donc Marcel Callo nous accompagner sur ce chemin qui renforce notre foi « que nous arriverons à bâtir ce monde plus juste et écologique nécessaire à la survie de l’humanité » (Eglise verte) aidé par le Christ, cet « ami qui ne nous quitte pas un seul instant » (Marcel Callo).

Lors d'un temps de prière, partageons avec des millions de mejistes, scouts et jocistes à travers le monde leur prière : la prière Mej, la prière scoute et la prière d'une jociste. ( voir fichier joint)

Article publié par Réseau Laudato Si' • Publié le Jeudi 23 avril 2020 • 432 visites

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